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Repenser le CV - pourquoi il ne doit pas être votre seul critère
Le CV ne doit pas être le seul critère de recrutement : biais, soft skills invisibles, compétences qui évoluent. Ce qu'il faut y ajouter pour bien recruter.
Sommaire
Sur le marché du travail de 2024, en pleine mutation, les responsables du recrutement s’interrogent de plus en plus sur la valeur des critères classiques comme le CV. Dans un contexte aussi mouvant, il vaut la peine d’examiner les deux faces de la question.
Les limites du tout-CV
Une vision tronquée du candidat
Le CV est par nature un document concis, centré sur la formation, l’expérience professionnelle et les compétences. Il échoue pourtant souvent à restituer tout le potentiel d’un candidat : intelligence émotionnelle, capacité d’adaptation et autres soft skills devenues déterminantes dans des environnements de travail mouvants. Ces compétences, que l’on appelle aussi compétences du XXIe siècle, sont difficiles à évaluer à la seule lecture d’un CV. Dans les secteurs où l’innovation et l’adaptabilité sont clés, un CV ne dit pas non plus qui saura sortir des sentiers battus ou porter le changement.
Biais et présentation trompeuse
Le CV comporte un biais intrinsèque, conscient ou inconscient. Les candidats peuvent embellir leurs réalisations ou présenter leurs expériences d’une manière qui ne reflète pas totalement leurs capacités réelles ou leur performance au travail. Par ailleurs, les formats de CV standard favorisent involontairement les profils issus de certains parcours scolaires ou milieux socio-économiques, ce qui entretient les inégalités dans le processus de recrutement. Le phénomène est particulièrement marqué dans les recrutements en volume, où la pression du temps pèse fortement sur le processus.
Des compétences qui se périment vite
En 2024, la durée de vie des compétences n’a jamais été aussi courte. Beaucoup de compétences techniques très demandées il y a quelques années sont aujourd’hui dépassées, remplacées par de nouvelles technologies et méthodes. Un CV rend compte des réalisations passées d’un candidat, mais il ne démontre pas sa volonté ni sa capacité à apprendre vite.
Pourquoi le CV reste-t-il incontournable ?
- Efficacité et accessibilité
Malgré ses limites, le CV est un outil très efficace dans les premières étapes du recrutement. Il permet d’évaluer rapidement un large vivier de candidats et d’écarter ceux qui ne disposent pas des qualifications ou de l’expérience indispensables. C’est déterminant dans les secteurs à fort volume de candidatures, où certains employeurs recourent aussi à l’externalisation du processus de recrutement pour absorber la présélection à grande échelle.
- Parcours passé et niveau de responsabilité
Le CV documente la trajectoire professionnelle d’un candidat et donne à l’employeur une vision de son évolution et de ses réalisations. C’est particulièrement important pour les postes de direction, où la performance passée et l’expérience éprouvée sont des indicateurs déterminants de la réussite future.
- Standardisation et comparabilité
Le CV standardise la présentation de l’information et facilite la comparaison des candidats sur une base commune. C’est très utile dans les métiers qui exigent des compétences techniques ou des diplômes précis, car il fournit un point de départ avant d’examiner plus en profondeur l’adéquation d’un profil. S’appuyer uniquement sur d’autres plateformes comme LinkedIn ne donne pas toujours les résultats attendus, car certains candidats ne mettent pas leur profil à jour, voire n’ont pas de compte du tout.
Trouver le bon équilibre
Au vu de ces éléments, une chose est claire : si le CV ne doit pas être le seul critère d’une décision de recrutement, il reste un outil précieux dans le processus. Pour optimiser leurs décisions de recrutement en 2024, les entreprises ont intérêt à compléter la lecture des CV par des entretiens structurés, des tests de compétences et des mises en situation concrètes. Le recours à l’IA et au machine learning peut par ailleurs aider à réduire les biais en recentrant l’évaluation sur les compétences.
Pour nous, le CV n’est qu’une pièce du puzzle. Une approche globale, qui valorise la diversité des méthodes d’évaluation, rend le processus de recrutement plus équitable et garantit que les entreprises recrutent réellement les meilleurs talents, et pas seulement ceux qui font bonne impression sur le papier. L’enjeu, désormais, est de concilier efficacité et rigueur, pour que les décisions de recrutement soient justes et reflètent la capacité réelle d’un candidat à réussir dans le poste.
Bon à savoir
Questions fréquentes
Le CV passe souvent à côté des soft skills comme l'intelligence émotionnelle et la capacité d'adaptation, il peut contenir des réalisations embellies ou présentées de façon trompeuse, et il ne montre pas la capacité d'un candidat à acquérir rapidement de nouvelles compétences - un enjeu croissant alors que les compétences techniques deviennent obsolètes plus vite que jamais.
Le CV porte des biais conscients ou inconscients : les candidats peuvent embellir leurs réalisations, et les formats standard favorisent involontairement les profils issus de certains parcours scolaires ou milieux socio-économiques, ce qui entretient les inégalités, en particulier dans les recrutements en volume.
Le CV reste efficace pour trier rapidement un large vivier de candidats, il fournit une trace du parcours professionnel dans la durée et il standardise l'information, ce qui permet de comparer les candidats sur une base commune.
Les entreprises devraient compléter la lecture des CV par des entretiens structurés, des tests de compétences et des mises en situation concrètes ; l'IA et le machine learning peuvent aussi contribuer à réduire les biais en recentrant l'évaluation sur les compétences.